L’anxiété est une émotion correspondant à l’appréhension d’une menace ou d’un danger. Comme l’humain, le chat peut exprimer des comportements anxieux, ce qui peut rendre la cohabitation difficile. Faisons le point sur les symptômes et les moyens de soigner et prévenir cette forme d’angoisse chez le chat.

Comment détecter l’anxiété chez votre chat ?

Voici quelques exemples de signaux d’un matou qui développe un comportement anxiogène :

  • Comportements de défense : immobilité, évitement, fuite, agressions
  • Malpropreté urinaire, augmentation des griffades, diminution du marquage facial
  • Exacerbation du toilettage avec léchage compulsif
  • Boulimie et vomissements associés
  • Troubles du sommeil tels que la diminution du temps de sieste ou un repos dans des cachettes
  • « Rolling skin syndrome » : ondulation de la peau, souvent sur le bas du dos
  • Autres signes associés : transpiration des coussinets, pupilles dilatées, diarrhée, respiration superficielle et rapide, production excessive de salive

Notons que toute situation traumatisante peut entraîner de l’anxiété chez le félin adulte, de même que les phobies lorsqu’elles ne sont pas prises en charge. Le chat peut alors manifester une grande agressivité, des troubles de l’humeur, voire des signes de dépression.

Ce type de comportement doit vous alerter et vous encourager à consulter un vétérinaire afin d’en déterminer la cause

Comment soigner un chat qui développe de l’anxiété ?

Bien souvent, un aménagement du territoire aide grandement à la diminuer :

  • enrichissement du milieu avec des cachettes et des supports en hauteur
  • mise en place de griffoirs
  • augmentation du nombre de litières…

L’utilisation de phéromones facilite également l’acceptation du changement par l’animal

Si vous rencontrez des difficultés à soigner votre petit compagnon, n’hésitez pas à nous solliciter. Exclusivement dédiée à la médecine féline, notre équipe est là pour vous conseiller et pour déterminer l’origine de son trouble anxieux.

Une fois le diagnostic posé, nous vous aiderons à le prendre en charge. Si nécessaire, votre vétérinaire pourra prescrire un anxiolytique, qui améliorera les effets d’une thérapie comportementale.

Pourquoi un chat devient-il anxieux ?

Identifier les causes de ces troubles est essentiel pour prévenir ce type de comportements. Nous pouvons recenser 4 facteurs principaux qui peuvent expliquer l’anxiété du chat :

  • Le syndrome de privation
  • Le milieu clos
  • Les troubles liés au territoire
  • La cohabitation

Le syndrome de privation

Il s’agit d’un trouble du comportement qui résulte d’un défaut de sociabilisation du chaton durant ses 9 premières semaines de vie. Pendant cette période,ce dernier a eu peu de contacts avec des personnes et des animaux, a entendu peu de sons variés, et n’a pas appris à vivre avec eux.

Le chat a alors peur des objets et des bruits du quotidien, voire des humains. Il mange la nuit, se déplace peu et est toujours en alerte. Dans certains cas, il peut rester prostré, se cacher et même refuser de s’alimenter.

Ce syndrome illustre pourquoi il est important de bien choisir son chaton.

Les troubles liés au territoire

Le chat est un animal très routinier dont les habitudes sont étroitement liées à son territoire. Ainsi, tout changement dans l’organisation de son espace tel qu’un déménagement, des travaux, l’arrivée d’un enfant ou d’un autre animal lui occasionnera un stress à la suite duquel il pourra développer une anxiété.

Les manifestations les plus courantes de ce type d’anxiété sont la malpropreté urinaire, les griffades et les agressions par irritation.

Le milieu clos

Lors de nos séances de Kitten Class, nous rappelons systématiquement que pour s’épanouir, le chat a besoin d’un environnement riche en stimuli. L’adaptation d’un chat ayant eu accès à l’extérieur à un appartement clos peut donc parfois être difficile. Souvent, il se montre agressif de différentes manières :

  • Il peut reproduire une séquence de prédation et attaquer les pieds de ses propriétaires comme s’il s’agissait d’une proie.
  • Il peut également agresser lors des caresses, par irritation.
  • Enfin, il peut devenir agressif envers ses maîtres lorsqu’il voit une proie qui lui est inaccessible (oiseau par la fenêtre par exemple). C’est une agression redirigée.

Ces agressions peuvent être devenir très dangereuses. Elles nécessitent une prise en charge rapide par un vétérinaire afin que le chat et son propriétaire puissent à nouveau vivre en harmonie.

Il peut aussi manifester des « crises de folie », généralement le soir, et se mettre à courir dans tout l’appartement en feulant et en crachant.
Le « rolling skin syndrome » précédemment décrit est également fréquent dans ce type de situation.

La cohabitation

Elle apparaît lors de l’introduction d’un nouveau chat ou lors de la puberté d’un chaton. Un changement d’allure ou d’odeur d’un animal peut également en être à l’origine (retour d’hospitalisation ou du toiletteur).

3 étapes pour adapter votre chat à un nouvel environnement :

Lors de la mise en contact des deux chats, une distance s’installe le temps de la distribution des territoires. Cette étape est tout à fait normale et se caractérise par des menaces, des cris et des feulements. Cependant, l’intervention des propriétaires peut interrompre le processus et gêner l’établissement d’une bonne cohabitation, favorisant l’apparition « d’escarmouches » et de conflits plus fréquents, devenant répétitifs.

Le chat actif prend alors le contrôle de tout le territoire et surveille le chat passif tandis que celui-ci évite les conflits et s’isole.

Si les propriétaires interviennent, par exemple en tentant de protéger celui qu’ils pensent être le plus faible, le chat actif devient obnubilé par le chat passif. Il le surveille en permanence, est constamment en alerte et devient agressif. Le chat passif, inhibé, développe des troubles de l’anxiété de type léchage compulsif ou de la boulimie.